*~~¤ Naissance d’un phénomène ¤~~*
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*~~¤ Le papa, Tim Kring
 
Vétéran du petit écran, Tim Kring débute sa carrière à l’âge de 24 ans en vendant deux scénarii pour les séries K2000 (mais si, vous vous souvenez, la fameuse voiture parlante qui a envahit le petit écran de 1982 à 1986) et Superminds (1985). Il est ensuite devenu producteur exécutif sur Chicago hope en 1996 et crée avec Howard Gordon (qui est, rappelons-le, scénariste et producteur sur X-Files) la série Stange World en 1999. La même année, il intègre NBC Studios (filiale de production de la chaîne NBC) où il travaille un temps sur la série Providence (1999-2000) avant d’imaginer la série policière Preuve à l’appui (2001-2007). Désireux de renouer avec la réussite de cette dernière, Tim Kring cherche un concept qui soit à la fois novateur et inattendu. Dans le même temps, NBC Studios l’invite à proposer un nouveau projet qui pourrait lui permettre de revenir au-devant de la scène, les précédentes collaborations ayant été on ne peut plus fructueuses ^^.
Dans les premiers temps, Tim Kring espère recréer l’alchimie de Lost (2004), à savoir une douzaine de personnages, une pincée de surnaturel et un mystère dont le spectateur découvre petit à petit les secrets (oui, enfin dans Lost, il est vrai que pour l’instant le mystère reste entier ^^). L’idée directrice est de placer des gens ordinaires dans une situation extraordinaire les obligeant à se surpasser. A cela, il ajoute une dimension super héroïque inspirée des comics puisque chaque protagoniste se voit doté d’une capacité spéciale. Reste à trouver son rythme propre et organiser tout cela en un canevas qui soit à la fois complexe, captivant, et à la portée du plus grand nombre. Et il a plutôt bien tenu son pari, non ?
 
*~~¤ La naissance proprement dite : le Pilote
 
Ainsi, Heroes suit le parcours d’une douzaine d’individus d’apparence normale qui se découvrent subitement d’étranges facultés, certaines très sympathiques (comme voler, voyager dans le temps …), d’autres plus effrayantes (un dédoublement de la personnalité, une capacité d’absorber les pouvoirs des autres …) et enfin d’autres dont on ne voit pas immédiatement l’utilité et qui semblent plus handicapantes qu’autre chose (liquéfaction …). Sans rapport les uns avec les autres, parfois séparés par des milliers de kilomètres, ces « spéciaux » semblent tous converger vers un point : New York, où une gigantesque catastrophe, une explosion nucléaire, doit bientôt raser la mégalopole et tuer des millions d’innocents. Tandis que les uns et les autres choisissent un « camp », et que la vérité sur les motivations des forces en présence est peu à peu mise à jour, le drame parait de plus en plus inévitable car il combien d’innombrables variables … Mohinder Suresh (incarné par le talentueux Sendhil Ramamurthy), professeur en génétique à Madras (pour les nuls en géo, c’est en Inde), est le lien original entre tous ces individus. En choisissant ce personnage sans pouvoir pour narrateur, Tim Kring place l’humain au cœur du récit bien avant la mise en scène des pouvoirs (qui intervient cependant à chaque épisode). Heroes est avant tout une histoire à dimension humaine, dont les protagonistes sont plus importants que l’aspect fantastique, car, Tim Kring l’a bien compris, ce ne sont pas les pouvoirs qui intéressent les spectateurs, mais les personnages … (remarquons que Marvel l’avait lui aussi compris, voyez par exemple l’importance accordée aux problèmes existentiels de Peter Parker !). Reprenant également quelques préceptes de Smallville, Tim Kring s’interdit l’utilisation de costumes (et on l’en remercie) et d’identités secrètes. Malgré le titre de la série, les « heroes » ne sont pas des « mutants » ou des « justiciers », mais des humains « spéciaux ».
Séduite par le scénario et la vision de la série, NBC demande à Tim Kring de tourner le pilote en janvier 2006. Pour incarner au mieux ses personnages, Tim Kring voulait des visages inconnus du public, ou tout juste familiers (et en plus, ça donne des emplois à de jeunes acteurs talentueux !). Cette décision permet une identification plus aisée du spectateur, et introduit dans l’histoire avec d’autant plus d’intensité. D’une durée de 72 minutes, le premier pilote tourné est extrêmement différent de celui qui sera finalement diffusé, tant au niveau de l’histoire que des personnages. Ainsi, Isaac Mendez (Santiago Cabrera), l’artiste capable de peindre le futur, se coupait les mains là où il fait une overdose dans la version finale. C’est la preuve qu’en dehors de l’explosion atomique déjà présente, Tim Kring n’avait pas encore mis en place l’arche narrative de la première saison. Mais plus surprenante encore est la présence de certains personnages qui finalement n’apparaîtront que bien plus tard dans la série, comme Matt Parkman (Greg Grunberg, 1#02), ou D.L. Hawkins (Leonard Roberts 1#04) qui voulait, dans le premier pilote, tuer Nathan Petrelli (Adrian Pasdar) dans une intrigue abandonnée depuis. Tous ces changements ont bien sûr été imposés par le scénario, mais aussi par la limitation temporelle, étant donné qu’au final un épisode ne doit durer que … 42 minutes ! Quoi qu’il en soit, le projet retient l’attention des grands pontes de NBC qui commandent 13 épisodes en se réservant la possibilité de prolonger la commande sur la saison si le public est au rendez-vous.
 
*~~¤ Une équipe de choc
 
La série ayant été commandée en mai 2006, la production des 12 épisodes suivants est lancée en vue d’un tournage en juillet. Mais, contrairement à la majorité des créateurs actuels de séries S.F. qui sont parfaitement à l’aise avec le genre (pensons à J.J. Abrams sur Lost ou Joss Whedon sur Buffy), Tim Kring est un néophyte total en la matière ! Plus étonnant encore, il n’a jamais ouvert un comics de sa vie (quelle honte) ! Aussi, lorsqu’il s’attache à raconter le devenir d’individus se découvrant des pouvoirs, il sait que son choix de scénaristes sera crucial. C’est pourquoi il décide de s’entourer d’auteurs très au fait du genre et de son univers codifié pour compenser son ignorance en la matière.
 
¤ Jeff Loeb
 
Il se tourne en premier lieu vers une vieille connaissance, Jeff Loeb, qu’il a rencontré sur le tournage de Teen Wolf Too (1987). Si Loeb a signé plusieurs scripts plus ou moins inspirés pour le cinéma (Commando en 1985), c’est en tant qu’auteur de comics qu’il a accédé à la renommée. Nous lui devons quelques uns des meilleurs récits publiés ces dix dernières années, dont Batman hush (2003), Spiderman : Blue (2002), Superman for all seasons (1998), Hulk : Gris (2003), Batman : the long Halloween (1997), sans compter les diverses séries régulières. Côté télévision, il a été consultant, producteur et scénariste sur Smallville (à partir de 2001) avant d’être nommé supervising producer sur la saison 2 de Lost en 2006.
 
 
¤ La ligue des scribouillards héroïques
 
Une fois débauché de Lost, Loeb aide Kring à recruter une équipe d’auteurs pour le moins aguerris qu’il baptise « the league of heroic scribbers » (en français : la ligue des scribouillards héroïques). On retrouve parmi ses piliers Bryan Fuller, scénariste brillant (Star Trek Voyager, 1995-2001) et créateur de génie (Wonderfalls, 2004 ; Dead like me, 2003) qui devient producteur exécutif et scénariste, et Greg Beeman, réalisateur et producteur exécutif sur Smallville (postes qu’il conserve sur Heroes). Dès lors, un équilibre s’installe dans l’équipe de création de la série qui lui permet de combiner habilement deux approches distinctes : celle des geeks avec tout ce que cela englobe, et celle plus courante, et donc grand public du sujet, Kring étant un néophyte, donc partant du principe que le commun des mortels ne comprendra pas forcément les plus plus subtiles allusions. Kring commençait par définir une personnalité avec ses affres avant de la doter d’un pouvoir. Et lorsque ces personnages développent leurs capacités, ils ne s’affublent pas d’un costume mais cherchent à comprendre ce qui leur arrive avec toutes les angoisses que cela implique. Et la première mission de la ligue n’est pas des moindres, car elle n’a plus que 4 mois pour modifier le pilote et mettre en place l’arc narratif des 13 premiers épisodes.
 
 
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*~~¤ Les premiers pas
 
 
Le premier épisode est diffusé le 25 septembre 2006 sous le titre « Genesis » (genèse pour les nuls en anglais). Grâce à une campagne d’affichage massive à travers les Etats-Unis, à la création de plusieurs sites Internet (dont l’excellent Heroes-France que je vous recommande) et à un buzz savamment entretenu, la série remporte immédiatement l’adhésion des téléspectateurs américains. D’autant qu’elle est diffusée le lundi soir sur NBC, bénéficie d’une diffusion de rattrapage sur le câble sur Sci-Fi channel (une chaîne appartenant elle aussi au groupe NBC-Universal-Vivendi) le vendredi et qu’elle est disponible gratuitement sur le site Internet de NBC. Et, après seulement quelques semaines, la série est confirmée pour une saison complète de 23 épisodes.
Au terme de cette première saison, et forte d’une audience frisant les 15 millions d’adeptes (sans compter les internautes), Heroes se développe sous diverses formes en marge de la production TV : comics, jeux de pistes en ligne, produits dérivés, blogs (comme ici ^^) et sites en pagaille démontrent l’impact de la série, bien sûr renouvelée pour une 2ème saison (attendue pour la rentrée 2007 sur NBC). Souhaitons-lui une vie longue et palpitante !
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